vendredi 9 janvier 2015

Ahmed et Mustapha , deux Musulmans...

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...parmi les 12 victimes de Charlie Hebdo

Egaux devant la mort et la lâcheté

 


Dans sa relation de l'attaque sanglante des locaux de Charlie Hebdo, quasi l'ensemble de la presse s'est arrêté sur les seuls noms des dessinateurs célèbres du magazine satirique, omettant de citer l'identité des autres victimes.

Nous réprouvons cette manière parisienne d'informer, qui volontairement ou non, dresse une différence entre les victimes innocentes de cette boucherie et reproduisons ci après les noms des douze victimes, parmi lesquels figurent deux Français de confessions musulmane: 


 JE SUIS 

CABU, WOLINSKI, CHARB, HONORE, AHMED, VERLHAC, MARIS, CAYAT, MUSTAPAHA, BRINSOLARO, RENAUD, FREDERIC

Douze personnes ont été tuées mercredi dans l'attaque contre Charlie Hebdo: huit collaborateurs de l'hebdomadaire satirique, dont cinq dessinateurs, un invité du journal, un agent d'entretien et deux policiers.


- Jean Cabut, dit "Cabu", 76 ans

Pourfendeur inlassable de la bêtise et des religions, créateur du "beauf", caricature de Français raciste et râleur, porteur de tous les travers qu'il voulait dénoncer. Cabu avait signé plusieurs des caricatures de Mahomet qui en 2006 avaient valu à l'équipe de Charlie des menaces de mort.

Anar rêveur derrière ses lunettes cerclées, écologiste convaincu et grand amateur de jazz, Cabu, à l'éternelle coupe au bol, avait gardé la hargne de ses débuts et n'avouait qu'un regret, celui de n'avoir pas toujours été assez féroce.

Cabu était le père du chanteur Mano Solo, disparu en 2010.


- Stéphane Charbonnier, dit "Charb", 47 ans

Dessinateur corrosif et militant qui disait ne craindre personne, engagé dès son plus jeune âge, Charb dirigeait Charlie Hebdo depuis 2009. Il figurait en 2013 sur une liste de cibles publiée par Al-Qaïda.

Avec son trait épais et ses trognes allumées, Charb ne reculait devant aucune plaisanterie, même du plus mauvais goût
.
Les guerres, la politique et les politiciens, la télé-réalité, la maladie ou les religions, aucun sujet n'était à l'abri de son crayon.


- Philippe Honoré, dit "Honoré", 73 ans

Autodidacte, Honoré publie son premier dessin de presse à 16 ans, dans le journal Sud Ouest, selon Le Magazine Littéraire, l'un des nombreux médias où l'on pouvait croiser ses dessins en noir et blanc au style suranné (Le Monde, Libération, Les Inrockuptibles).

Il collaborait avec Charlie Hebdo depuis sa reparution en 1992, selon le site des éditions Larousse, pour qui il avait notamment illustré l'édition anniversaire 2010 du Petit Larousse.


- Bernard Verlhac, dit "Tignous", 57 ans

Caricaturiste et auteur de BD caustique et engagé, Tignous dessinait pour la presse depuis 1980, traquant la folie du monde avec un humour percutant et un brin désespéré.

Il publiait régulièrement dans Charlie Hebdo et Marianne. Il collaborait également à des émissions télévisées avec Laurent Ruquier, Marc-Olivier Fogiel ou Bruno Masure, dans lesquelles ses dessins accompagnaient les débats.

Après avoir taclé le capitalisme, les actionnaires et les inégalités sociales, retracé le procès d'Yvan Colonna dans un album, il avait sorti en 2010 sa BD "Pandas dans la brume", où il donnait la parole à ces charmantes bêtes pacifistes et menacées d'extinction.
- Georges Wolinski, dit "Wolinski", 80 ans

Irrévérencieux et grivois, Wolinski était un dessinateur de presse mythique pour toute une génération, père du célèbre "Roi des cons", pilier de la bande de Hara-Kiri dans les années 60, puis de Charlie Hebdo.

C'est en Tunisie, où il était né d'un père d'origine polonaise et d'une mère italienne, que le petit Georgie, comme l'appelait sa grand-mère, découvrit les "comics" grâce aux Américains débarqués en Afrique du Nord. 

Dans Charlie, chaque semaine, Wolinski mettait en scène deux personnages, un maigre timide et un gros, dominateur et péremptoire, qui enchaînait les propos de comptoir.
Le dessinateur laisse quelque 80 albums.


- Bernard Maris, "Oncle Bernard", 68 ans

Économiste iconoclaste de gauche, Bernard Maris était reconnu pour la qualité de sa pensée et son art de la vulgarisation.

Ce chercheur intervenait régulièrement à la radio, à la télévision et dans la presse. Il rédigeait dans l'hebdomadaire satirique chaque semaine une chronique réputée qu'il signait "Oncle Bernard".

Originaire du Sud-Ouest, dont il avait gardé l'accent, cet économiste défendit longtemps les thèses de la décroissance, fustigeant les ravages de la société de consommation. 

Ses "Anti-manuels d'économie" sortis au début des années 2000 ont connu un grand succès. 


- Elsa Cayat, 54 ans.

Psychiatre et psychanalyste, seule femme tuée dans l'attaque, Elsa Cayat passait deux fois par mois au crible des faits de société dans sa rubrique Charlie Divan. 

Elle était l'auteur de livres sur le couple et la sexualité.


- Mustapha Ourrad,

Né en Algérie, orphelin, autodidacte, il était arrivé en France à vingt ans, selon le quotidien Le Monde, qui indique qu'il était apprécié pour ses qualités de correcteur, son érudition, mais aussi son sens aigu de l'autodérision. 


- Michel Renaud, 69 ans.

Fondateur du festival Rendez-vous du carnet de Voyage, à Clermont-Ferrand. Ancien journaliste devenu directeur adjoint du cabinet de l'ancien maire de la ville, grand voyageur, il était invité de Charlie Hebdo et participait à la conférence de rédaction, à l'initiative de Cabu, qui avait été invité d'honneur de son dernier festival.


- Frédéric Boisseau, 42 ans.

Agent de maintenance de la société Sodexo. Ce père de deux enfants se trouvait dans le hall d'entrée du journal pour effectuer des travaux d'entretien du bâtiment.


- Franck Brinsolaro, 49 ans.

Ce brigadier était membre du Service de la protection, chargé d'assurer la sécurité des dirigeants français ou étrangers en visite en France, ainsi que des personnes menacées. 

Marié et père de deux enfants, il était chargé de la protection de Charb.


- Ahmed Merabet, 42 ans.

Policier du commissariat du XIe arrondissement de Paris. 

Il est blessé lors d'un échange de tirs avec les auteurs de l'attaque, avant d'être froidement abattu par l'un d'eux sur le trottoir, une scène filmée dans une vidéo authentifiée par les enquêteurs et qui a fait le tour du monde.


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