dimanche 9 juillet 2017

ZBIBA LA TANGEROISE: Roman de Khalil Zeguendi (180 pages)

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A mes lecteurs: Zbiba est une fiction tirée d'une histoire réelle. C'est la pénible et douloureuse histoire d'une jeune paysanne de la région de Rgayaa, village situé à mi chemin entre les villes de Tetouan et de Tanger

Je vous livre les premières parties de cette aventure hors du commun en trente pages, sur le blog Bruxellois surement.

Les 150 pages suivantes vous seront livrées sous forme de livre de poche, si tel est par la suite, votre souhait

Bonne lecture

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Une nuit de Noces: janvier 1951


Après que la trentaine d’invitées aient pris place, vers vingt trois heures à bord de trois jeep militaires, affrétés par l’officier supérieur de la garnison espagnole de Rgayaa et que les musiciens de la Taqtoqa montagnarde aient quitté la maison, emportant dans leurs sacs et autres couffins , les restes des victuailles et empoché les deux cents pesetas, offertes par le maître des lieux, la petite Zbiba fut poussée sans ménagement par deux imposantes maîtresses de cérémonie, à l’intérieur de la pièce nuptiale où l’attendait le terrible Lekbir.

Arrachée par la force à sa famille, l’enfant de treize ans, ne se doutait nullement de l’enfer qui l’attendait.

D’un geste de la main, Lekbir indiqua aux deux corpulentes Negaffates (maîtresses de cérémonies traditionnelles), de déshabiller entièrement la petite Zbiba. 

Celle-ci fut saisie d’un terrible froid qui fit trembler toutes les parties de son corps.

Loin de provoquer chez l’impitoyable mouchard des soldats espagnols, un quelconque sentiment de compassion, les pleurs de la gamine, semblaient l’exciter.

Tenant son sexe bandant de la main et arborant un rictus de jouissance sur ses lèvres, Lekbir affichait une satisfaction de prédateur.

L’enfant était dans une autre réalité. Sa mère et ses deux sœurs lui manquaient terriblement.

Un seul désir occupait ses pensées à ce moment précis, celui de se retrouver comme d’habitude, entre les bras de sa maman, qui adorait les soirées d’hiver, lui ôter les poux de son abondante chevelure noire.

Des sanglots de plus en plus forts et saccadés s’échappaient de sa gorge serrée.

Tendant aux deux neggafates, un billet de cent pesetas, Lekbir leur demanda de maîtriser la petite Zbiba sur le lit

«Tenez », dit-il, aux deux femmes, » prenez ce billet et partagez-le. Mais il faudra le mériter ».

De si gros billets, les deux paysannes n’en avaient probablement jamais palpés.

Cependant, il leur fallait davantage que leurs bonnes paroles pour neutraliser Zbiba, qui se débattait comme une furie, frappant, repoussant et tentant désepérement de se défaire de l’étreinte fatidique de ses bourreaux.

Les cris de la petite fille déchiraient le silence de cette nuit d’hiver, qui avait depuis longtemps, couvert de son voile obscur le village de Rgayaa.

Terrorisés, les habitants du village savaient mais préféraient se terrer chez eux, de crainte de provoquer la colère du tyran.

Les vaines tentatives de Zbiba, cherchant à échapper à ses deux tortionnaires furent fournies en pure perte, tant le rapport de force était et de loin, en sa défaveur.

Une fois neutralisée sur le lit, ses seins fermes et proéminents, semblables à ceux d’une jeune femme accomplie, augmentaient l’excitation et le désir du terrible Lekbir.

Beaucoup de temps s’écoula pour qu’enfin, épuisée et terrassée par tant d’efforts déployés en vain, l’enfant s’écroule par terre, à moitié consciente.

"Dégagez le plancher, et vite", ordonna le maître des lieux aux deux paysannes

Les deux femmes obtempérèrent à l’injonction et sortirent de la pièce éclairée par deux grosses lampes à pétrole, dont l’une donnait de sérieux signes de fatigue.

L’une des negaffates revint sur ses pas pour récupérer le billet tombé à terre, durant cette bataille, à armes ô combien inégales.

« Sors de là! fille de pute », lança Lekbir à l’attention de la femme.

Resté seul face à Zbiba inanimée, le sadique prit goût à contempler dans le détail, les diverses parties de ce corps tremblant et à peine éclos.

Couchée sur le dos, la petite offrait son buste immaculé à la vue vicieuse de Lekbir.

Les mouvements de sa poitrine qui montaient et descendaient, au rythme de sa respiration désordonnée et nerveuse, rajoutaient au désir vicieux de cet homme, fier de son exploit.

Il s’approcha de la petite et d’une main étrangement hésitante, saisit entre son pouce et son index, le bout de son sein droit.

Il savourait ce moment unique, cette victoire somme toute facile et lâche.

Il la goûtait avec extase, lorsque les souvenirs noirs de son adolescence lui revinrent subitement en mémoire.


La suite; samedi prochain ....

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