lundi 13 août 2018

Les 5 erreurs fatales de l'état marocain, dans l'affaire du Sahara


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Le Maroc a perdu le Sahara, juste après la signature des accords de Madrid en 1975

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Le départ de l'OUA, décidé par Hassan II sur un coup de tête fut fatal au Maroc


Première erreur : Le partage du Sahara entre Maroc et Mauritanie


En 1973, suite aux deux coups d'états militaires qui ont failli provoquer le renversement du régime alaouite, le roi Hassan II  s'engage dans une dynamique, visant à se substituer aux forces espagnoles présentes dans les territoires du Sahara occidental.

D'autant que le régime franquiste, honni par l'Europe, donnait des signes manifestes d'essoufflement et se dirigeait  vers une chute inéluctable.  

L'Algérie et surtout la Lybie de Kaddhafi cherchaient par tous les moyens, à déstabiliser le royaume chérifien et n'avaient pas hésité à accueillir, financer et armer tous les opposants au régime du souverain marocain

Les dirigeants tant algériens que lybiens décidèrent alors de soutenir un "mouvement de libération" ayant pour objectif, d'instaurer sur le territoire du Sahara occidental, une république sahraouie.

Les principaux dirigeants de ce jeune mouvement (Le Front Polisario), créé officiellement en 1972, étaient des Marocains, issus du Sahara. 


L'un des principaux fondateurs du F.Polisario, Mustapha El Ouali Sayid,  voulait au départ créer un embryon d'une armée pour la libération du Sahara occidental. Il fut rejeté par l'ensemble de la classe politique marocaine

Juste après le succès rencontré par la Marche Verte de 1975, la cession, injustifiée de la moitié des territoires sahraouis à la république mauritanienne, constitua la première erreur de taille, commise par le défunt roi. 

Car, comment convaincre les puissances engagées dans la recherche d'une solution à ce conflit, de la revendication marocaine, visant à recouvrer la totalité de ces territoires, tout en cédant  une vaste partie de ces mêmes terres à un pays qui ne les revendiquait guère? 

Les Algériens brandiront à de nombreuses reprises, cette étrange option prise par le Maroc, pour dénoncer le discours peu crédible du défunt roi, lié à la revendication du retour à la mère patrie, de l'ensemble de ces territoires.

Allant plus loin que cela, les Algériens vont s'employer à "terroriser" le gouvernement mauritanien, en lançant les guerilleros du Polisario, dans une offensive soutenue contre les troupes de Nouakchot.

Les Algériens cibleront surtout les convois ferroviaires mauritaniens, transportant les minerais mauritaniens, vers la mer.

Cette tactique de harcèlement finit par donner les fruits escomptés par l'Algérie. 

Sans négociations, et capitulant en rase campagne face à la puissance militaire algérienne, la Mauritanie décida de restituer au Maroc, ce cadeau empoisonné.

Deuxième erreur: L'acceptation du référendum et la répression des voix discordantes



les milices féminines du F.Polisario


 Abderrahim Bouabid, leader dans les années 1970 de l'USFP  (gauche), avait écopé de la prison lorsqu'il avait "osé" critiquer l'acceptation par le défunt roi Hassan II, d'un référendum, prôné par l'ONU, dans les territoires marocains du Sud.

Considérant que l'affaire, du point de vue du Maroc était réglée depuis que la Marche Verte avait entériné la récupération de ces territoires marocains, jadis sous colonisation espagnole, Bouabid estimait qu'accepter une telle disposition, dictée par l'ONU, revenait à remettre en question, le recouvrement de ces territoires par le Maroc. 

Bouabid, le grand homme d'état, qui avait accepté en 1974, de rompre définitivement et avec sincérité avec la ligne Ben Barkiste de l'affrontement avec le régime marocain et qui avait milité pour convaincre ses amis au Maroc et à l'étranger, de soutenir le droit historique du Maroc, à recouvrer ses territoires sahraouis, se retrouve ainsi en prison, comme un vulgaire "voleur de poules".

        3ème erreur: La politique de la chaise vide au sein de l'OUA


Avoir décidé sur un coup de tête, de claquer la porte de l'OUA, en 1982, lorsque l'Algérie parvint à rallier la majorité des pays africains à sa cause, en faisant admettre, comme membre à part entière, la RASD ( République Arabe Sahraouie démocratique) au sein de l'enceinte de l'organisation panafricaine, fut une erreur grave.

Présenté comme un "génie" par ses courtisans, Hassan II décide directement de se retirer de cette organisation, laissant ainsi au Polisario et à ses protecteurs lybiens et algériens, le loisir de parader et d'occuper les diverses commissions, agissant au sein cette organisation.

C'est la désastreuse politique de la chaise vide qui s'installe.

D'un autre coté, le Maroc entreprend de convaincre dans les coulisses et au travers de contacts bilatéraux, différents pays africains, de retirer leur reconnaissance au nouvel état membre.

Il parvint cahin caha à persuader certains états africains amis, à renoncer à cette reconnaissance. 

Mais ces états de second voire de troisième rang, ne font pas partie des puissances africaines qui comptent au sein de l'UA.


 4ème erreur : La construction du mur de séparation du territoire du Sahara

La construction de cette fortification musclée, dotée de tous les moyens modernes de détection, a été dictée au Maroc, par deux impératifs:

1- Le renforcement des limites du Sahara utile: celui où s'opère l'extraction des phosphates de Boucraa et des autres minerais, et où  pullule le poisson dans les profondeurs de l'atlantique  

Ces deux richesses naturelles représentant des recettes en devises, éminemment importantes pour l'équilibre économique du Maroc.

2- L'abandon de l'autre partie du Sahara, située au delà de ce mur. Un abandon dicté par l'incapacité du Maroc, à assurer une présence militaire dans un désert de rocaille, accidenté et difficilement défendable.

C'est sur ce vaste territoire que les unités armées du Polisario, se promènent comme bon leur semble, donnant l'impression d'avoir contraint le Maroc, à capituler en rase campagne. 

Le Polisario  y tient même son congrès annuel ( à Tifariti ou à Bir Lahlou ) en narguant les troupes marocaines présentes à proximité, à Smara.

La construction de ce mur et l'abandon réel de ce large territoire, entre les mains du Polisario, affaiblit indéniablement la position marocaine.


      5ème erreur: La nation est clémente et miséricordieuse.

Au moment où le sang de centaines de soldats marocains, ayant donné leur vie pour recouvrer les territoires du sud marocain n'avait pas encore séché sur le sable et la pierraille de ce territoire, et au moment où nombre d'entre ces soldats, libérés dans le cadre d'un échange de prisonneirs entre le Maroc et le Polisario, ne trouvent rien à offrir à leurs familles, Hassan II -le génie- accorde une amnistie dorée, à des dizaines de hauts responsables du Polisario.

Tous ces " repentis" ont durant des années, participé à des combats dans lesquels des centaines de soldats marocains ont laissé la vie ou faits prisonniers.

Au lieu de les capturer et de le déférer devant des tribunaux marocains, pour les crimes commis contre les officiers et les soldats marocains, le chef de l'état d'alors décide, de les accueillir en héros et de leur attribuer des responsabilités de très grande importance au sein de l'appareil de l'état marocain.


Le Sahara est perdu pour le Maroc

Il s'avérera au vu de l'actuelle situation que traverse le dossier marocain relatif à la récupération du Sahara, qu'aucun apport provenant de ces notables du Polisario, n'a été enregistré.

D'ailleurs, nul au Maroc ne sait ce que sont ces "repentis" devenus.

Pendant ce temps, le monopole exercé par le Palais sur le traitement et la gestion du dossier du Sahara et l'exclusion de cette affaire, de toutes les forces vives de la nation, a conduit toutes les organisations de la société civile et les partis politiques à se désintéresser de tout effort à fournir, pour contribuer à soutenir les démarches officielles.

D'autant que la nomination à la tête du CORCAS (Conseil régional pour le Sahara) , de personnes, ayant montré leurs limites dans la défense de la première cause nationale, affaiblit encore les efforts marocains visant à convaincre à l'extérieur, de la volonté de promouvoir une dynamique de décentralisation avancée. 


Ceci sans oublier la gabegie et la corruption qui règnent en maîtresses au Sahara, livré à des clans et des "mafias", pour qui la défense de la cause nationale, n'est pas la première des priorités.

Aujourd'hui, les coups assénés à la diplomatie marocaine, diplomatie des festivals et de la corruption des has been occidentaux, ne laisse aucune marge de manoeuvre au roi  voyageur, Mohammed  VI.

Les instances internationales sont lassées par les Niet marocains à répetition et Horst Kohler soutenu par Bolton, ne laissera au Maroc aucune échappatoire face à l'exigence de négocier directement avec le Polisario

Ceci sans omettre de relever que la situation  politico économique intérieure du Maroc contribue et contribuera à fragiliser sérieusement le front intérieur.     

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