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LIBERTÉ SEXUELLE: LA RÉVOLUTION DE L’AMDH
L’ONG MILITE POUR LES RELATIONS CONSENTIES HORS MARIAGE
ELLE DEMANDE AU GOUVERNEMENT D’ABROGER L’ARTICLE 490
UNE RÉALITÉ, CORROBORÉE PAR L’ENQUÊTE DE L’ECONOMISTE
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L’ONG MILITE POUR LES RELATIONS CONSENTIES HORS MARIAGE
ELLE DEMANDE AU GOUVERNEMENT D’ABROGER L’ARTICLE 490
UNE RÉALITÉ, CORROBORÉE PAR L’ENQUÊTE DE L’ECONOMISTE
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L’enquête L’Economiste-Sunergia s’est intéressée de près à la jeunesse et ses tabous. Conclusion: les jeunes vivent librement leur sexualité, mais cachés
L'Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) jette le pavé dans la mare.
Elle revendique le "droit aux libertés sexuelles consenties, avant le mariage".
Une annonce faite à l'occasion de son 33e anniversaire.
L'association a demandé explicitement au gouvernement Benkirane d’abroger l’article 490, selon les dispositions duquel «sont punies de l'emprisonnement d'un mois à un an toutes personnes de sexe différent qui, n'étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles».
Pour Khadija Abenaou, membre du comité des femmes de l’AMDH, «il ne faut pas pénaliser les relations sexuelles lorsqu’elles sont consenties.
Ceci ne peut être considéré comme de la débauche, ou comme un acte criminel».
L’association ajoute qu'elle ne fait pas "de discours pour plaire à la masse", mais veut promouvoir les libertés individuelles, et donc sexuelles. Ainsi, toujours selon Khadija Abenaou, «ce qui devrait plutôt être pénalisé, c’est le viol dans le cadre du mariage, ou la prostitution, qui est un viol économique».
Il faut aussi arrêter "de mettre la tête dans le sable". Car dans la pratique, la société marocaine a changé. En effet, 45% des jeunes Marocains ont leur première relation sexuelle entre 17 et 19 ans, et 40% entre 14 et 16 ans.
Généralement, tout le monde «sort couvert», et le préservatif est plébiscité avec 91% de jeunes qui privilégient ce moyen de contraception.
Ce sont les résultats de l’étude menée par Sunergia pour le compte de L’Economiste sur «Les jeunes en 2011, leurs tabous, leurs colères, leurs espoirs».
Le plus dur n’a pas été de leur arracher la confidence, mais plus encore de détailler la question, et plus particulièrement avec les jeunes filles.
La fameuse «première fois» est l’exemple exact de cette tendance au mutisme. Ainsi, 52% des jeunes déclarent avoir eu leur première relation sexuelle avec un copain ou une copine.
Pourtant, «seules 31% des femmes le déclarent, contre 66% des hommes». Cela fait beaucoup d’hommes pour très peu de femmes… les filles seraient-elles alors de grandes infidèles et polyandres, comme le suggère ironiquement l’enquêteur Anouar Zyne.
Ces statistiques ne sont nullement imputables au caractère volage des jeunes Marocaines, mais à son extrême opposé. Tabous, «hchouma» résistent encore à la banalisation.
Liberté individuelle certes, mais la société est encore aux aguets, et les jeunes le savent. Hypocrisie sociale, dédoublement de la personnalité… la liste des quolibets dont les Marocains s’auto-gratifient est longue, surtout quand il s’agit de parler de sexe.
Les hommes qui se marient vierges sont tellement rares qu’ils sont statistiquement inexistants. Pourtant, nombre d’entre eux recherchent une femme qui le soit.
D’un autre côté, seules 6% des femmes affirment attendre l’acte adoulaire pour «passer à l’acte», tandis que les hyménoplasties se multiplient.
La maxime léguée par Einstein prend ici tout son sens: il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé.
Pourtant, les faits sont là. Aucun laïus ne pourra rien y changer, qu’il soit rétrograde ou progressiste.
Mettre des masques, enfiler des gants, se bander les yeux, rien ne changera la réalité.
Il faut donc y faire face, et oser trouver les mots pour aborder le débat en toute sérénité.
Source l'Economiste (Maroc )
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