en Algérie
Lundi dernier, l'Algérie, en tant qu'État et en tant que peuple, a accueilli le pape Léon XIV du Vatican, lors d'une visite historique d'une grande importance symbolique, car aucun pape n'avait visité le pays natal de saint Augustin, l'un des plus grands penseurs chrétiens d'avant l'avènement de l'islam.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune était en première ligne pour accueillir le pape, dont la visite de deux jours visait à « poursuivre la construction de ponts entre le monde chrétien et le monde islamique », comme l'a déclaré à l'AFP l'archevêque d'Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco.
Cette visite – qui comprend quatre pays africains – revêt une forte dimension personnelle pour le pape, puisqu’il marchera sur les traces de saint Augustin, le grand penseur chrétien du IVe siècle après J.-C. dont l’héritage spirituel nourrit son pontificat.
Dans un contexte international tendu par la guerre au Moyen-Orient, la coexistence pacifique sera au cœur du message du pape dans ce pays de 47 millions d'habitants où l'islam est religion d'État.
Dans l'après-midi, le pape a visité la Grande Mosquée d'Alger, l'immense monument architectural qui comprend le plus haut minaret du monde (267 mètres), avant de se diriger vers la cathédrale Notre-Dame d'Afrique, le site chrétien le plus important du pays, surplombant la baie d'Alger.
Lors d'une cérémonie réunissant chrétiens et musulmans, le chef de l'Église catholique, qui compte 1,4 milliard de fidèles dans le monde, a lancé un appel à la fraternité dans un pays où les catholiques représentent moins de 0,01 % de la population.
Cette visite marque le début du premier grand voyage international du pape, âgé de 70 ans, qui le conduira par la suite au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale, pour un périple de 18 000 kilomètres dans le cadre d'un programme chargé.
L’étape la plus symbolique et personnelle pour le Pape a eu lieu mardi, lorsqu’il a visité la ville orientale d’Annaba (anciennement connue sous le nom d’Hippone), où saint Augustin (354-430) était évêque.
Dans son premier discours en tant que pontife, depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, Léon XIV se présenta comme « un fils de saint Augustin », en référence à l'ordre des Augustins.
À Annaba, il a visité le site archéologique d'Hippo Regius, où subsistent encore les vestiges de la ville romaine et chrétienne et présidé une messe dans la cathédrale qui surplombe la ville.
À cette occasion, l'Algérie, tant ses dirigeants et personnalités politiques que son peuple, a démontré que ce grand pays du Maghreb jouit d'une crédibilité considérable auprès de l'Occident chrétien.
Cette visite s'est déroulée dans un climat tendu entre le président américain, qui a qualifié le pape "d'insensé", lorsque et le pape a de son côté, a déclaré ne pas avoir peur de Trump et vouloir mettre fin à la guerre en cours au Moyen-Orient.
Le pape a également appelé à la fin des attaques israéliennes contre le Liban.
Les préparatifs de cette visite ont duré plus d'un an, et la présidente italienne Giorgia Meloni, actuellement l'une des personnalités européennes les plus proches de l'Algérie, a joué un rôle crucial pour sa réalisation.
L’accueil du pape en Algérie par le cardinal français Vesco peut être considéré comme un coup dur pour l’État français, qui a perdu toute crédibilité auprès de l’Algérie.
Le président Tebboune a profité de cette visite pour organiser une rencontre entre le pape et l'ambassadeur de la République sahraouie en Algérie.

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