.
.
.
Division au sein de
.
.
l'associatif marocain
.
.
(chapitre 4 )
.
.
Les années 70:
.
affrontements à
.
tous les étages
.
Comme vous l'avez lu dans l'article précédent, les années septante ont été marquées en Belgique, par de mémorables luttes d'influence au sein des organisations politiques marocaines de gauche ( gauche réformiste proche de l'UNFP et gauche révloutionnaire ) et par des affrontements politiques et parfois physiques entre les Amicales et les organisations opposées au régime marocain.
Et comme vous l'avez lu, toutes les organisations politiques de gauche s'étaient arrangées pour créer des associations "écrans " de masse pour pouvoir pénétrer la classe des ouvriers marocains de la première génération et recruter en son sein.
Les Amicales, elles, soutenues par le pouvoir marocain d'alors n'avaient nullement besoin d'agir dans la "clandestinité ".
Il faut préciser un élément important: la majeure partie des travailleurs marocains qui avaient rallié les Amicales l'avaient fait, non par engagement politique mais dans le but de s'approcher de l'autorité pour s'assurer certains avantages.
Seules quelques dizaines de cadres au préalable liés aux divers services sécuritaires marocains avaient officialisé leur collaboration avec l'appareil sécuritaire et structuré leur action dans le but de contrer les agissements de la gauche marocaine bien implantée au sein des syndicats et des organisations démocratiques de Belgique.
Ainsi, l'on a assisté, à Bruxelles en particulier, à des actions parfois musclées menées par les Amicales contre des manifestations culturelles ou politiques organisées par des organisations de gauche comme on a enregistré des opérations non moins musclées contre les Amicales; opérations planifiées et exécutées par les éléments de la gauche marocaine en Belgique.
Lorsque les Amicalistes tentaient de s'opposer à l'entrée de Gilles Perrault à la salle de la Madeleine pour y tenir meeting autour de son ouvrage " Notre ami le Roi ", les gauchistes, organisateurs de la manifestation, eux, ne rataient pas l'occasion des festivités de la Fête du trône pour montrer leur capacité à perturber de telles manifestations.
Et lorsque les membres des Amicales organisaient des activités de soutien à la marocanité du Sahara, les militants de la gauche ne rataient pas l'occasion pour venir crier leur soutien au Polisario.
Et vice versa.
Un phénomène pour le moins coquace : Tant les maoistes d'Ilal Amam bien implantés au sein du RDM et de l'Unem que les amicalistes se rejoignaient sur un point: Pousser les immigrés marocains à ne pas s'intéresser à la participation citoyenne, syndicale ou politique.
Pour les uns, les gauchistes, toute implication des immigrés marocains à la vie civile belge signifiait l'éloignement de cette "clientèle" de la participation au renversement du régime marocain si recherché par les les gauchistes.
En revanche, pour les Amicales, cette implication politique des immigrés marocains était combattue pour empêcher les travailleurs marocains de se rôder à l'exercice de la culture démocratique et contestataire et de l'importer au Maroc.
Tant les Amicales que les gauchistes étaient opposés à la revendication du Droit de vote pour les immigrés à cette époque.
Et ce, pour les raisons rélevées ci dessus.
Ceci au moment où l'ensemble des oragnisations syndicales et citoyennes s'étaient groupées autour du MRAX pour former en 1977, la fameuse coordination Objectif 82.
En effet, en 1982 devaient avoir lieu des élections communales et la revendication tendant à permettre la participation des immigrés était devenue le leitmotiv des organisations démocratiques et anti racistes tant au Sud qu'au Nord du Pays.
Les associations marocaines liées à l'UNFP et implantées au sein des grandes centrales syndicales ( FGTB et CSC ) militaient quant à elles pour la revendication du droit de vote aux immigrés et particpaient par ce biais à la grande coordination Objectif 82.
Cette décennie ( années 70 ) a très fortement contribué à la division au sein de l'associatif de la première génération des Marocains de Belgique et prolongé ces divisions au sein de la génération montante issue de cette immigration ( la seconde génération ).
.
D'autres événements vont creuser encore davantage ces divisions : il s'agit de l'intrusion de l'islam militant ( iranien et salafiste notamment ) qui va, durant les années 80 et 90, occasionner d'autres formes d'inimitié au sein de la jeunesse de la seconde et de la troisième générations.
Cet épisode fera l'objet de l'article 5 de cette série.
.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire