mercredi 24 septembre 2014

Tanger, tendue et à l'heure espagnole


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Lors de mon récent séjour à Tanger, je fus sidéré de constater à quel point les Tangérois vivaient hors de la réalité marocaine.

Deux jours avant le "choc" footballistique madrilène (Le Real contre l'Atletico), quasi tous les hommes et surtout les jeunes, enfants en bas âge y compris, de cette ville, n'avaient que ce Derby à la bouche.

Au célèbre café Metropole du Bolivar (boulevard Pasteur) du centre ville, où j'ai pris un café cassé aux alentours de 18h, on ne discutait que cet "événement" à venir.

Daech, Gaza ou la flambée des prix de première nécessité étaient largués au second plan.

A la table voisine de la mienne, un groupe de mecs, pas si jeunes que cela n'accordaient aucune attention à ce qui se déroulait autour d'eux lorsqu'ils évoquaient les prix des nouvelles acquisitions du Real ou la biographie de Da Costa ou d'autres joueurs étrangers venus renforcer leur club préféré.

Chacun se prenant pour une véritable encyclopédie footballistique.

A une autre table, le topo ne différait guère.

A plusieurs reprises, mes déplacements en petit taxi ou en taxi collectif, furent agrémentés du même type de débats. 

Comme si la vie des Tangérois en dépendait.

L'engouement que les Tangérois avaient pour les talents de Barcelone et les pichenettes de Messi a fortement pris la direction de l'Ateletico de Madrid.

Le soir du jour J, les rues des quartiers commerçants et celles des ghettos de la misère de la ville étaient déserts, bien avant le coup d'envoi du match 

Les cafés avaient réservé des places pour leur clientèle habituelle et il fallait être verni pour trouver chaise encore vide, dans l'un ou l'autre établissement.

A Souani où je rendis visite à ma soeur, le cyber du coin, la porte grande ouverte, n'était plus gardé et la caisse sur laquelle le vendeur de cigarettes au détail, avait déposé sa marchandise, n'était même pas surveillée. 

Tous suivaient la rencontre au café de "Bruxelles", non loin de l'énorme souq de Casabarata.

A chaque rancada (attaque) d'un camp comme de l'autre, l'on entendait des cris de joie ou de dépit lorsque le but était raté.

Les taxis stationnés en face du café Abderrahmane (célèbre station d'arrêt des taxis de ce quartier) demeuraient à l'arrêt, faute de clients. 

Ce qui, entre nous, est très rare, en pareil moment de la journée.

Et à la fin de ce match au sommet, dépités ou heureux, les milliers d'hommes qui quittaient les cafés continuaient de plus belle à philosopher et à commenter la rencontre. 

Le jour d'après, sur les terrasses des cafés au petit déjeuner, les commentaires savants et plein de "Si" et "Il aurait dû" ou encore de "C'est la faute à l'arbitre", allaient encore bon train.

Le cireur de chaussures qui faisait briller mes souliers, me posa la question fatidique "Avez vous vu LE MATCH? "

J'ai senti chez lui une espèce de contrariété, mêlée à de la colère, lorsque j'ai répondu : " Quel match ?"

Il a dû sûrement se dire, dans sa tête madrilène: "Mais quel bête type".



Prochain article : "Un traître parmi nous"

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