jeudi 17 septembre 2026

Par la volonté de son roi, le Maroc

 .



...est devenu une entité sioniste





(Article écrit par le journaliste marocain Ali Anouzla. Les titres sont de la rédaction du blog "Bruxellois, sûrement)


Bourita ( Ndlr: ministre marocain des affaires etrangeres) n’est apparu à aucun moment durant toute la tragédie de Ceuta et ses conséquences désastreuses, qui continuent de produire leurs effets depuis plus de 45 jours. 


Il est pourtant apparu soudainement à Washington, dans une photographie publiée par des médias israéliens, accompagnée d’un communiqué annonçant l’élévation du niveau des relations entre le Maroc et l’État d’Israël au rang d’ambassades, en remplacement des bureaux de représentation.


L’information a été rapportée par la presse israélienne, sans qu’aucune confirmation officielle n’ait, à ce jour, été apportée par la partie marocaine. 


Comme si le peuple marocain n’était pas concerné par une décision prise par son gouvernement visant à rehausser le niveau de ses relations avec un État accusé de commettre un génocide à Gaza.


 Comme si une décision de cette portée ne méritait même pas que les Marocains en connaissent les détails de la bouche de leur propre gouvernement, mais qu’ils devaient les découvrir dans les médias israéliens.


Il est impossible de dissocier le moment choisi pour cette décision de son contexte politique. 


Elle intervient à un moment où elle peut servir les intérêts du criminel de guerre Netanyahou et de son gouvernement extrémiste, à l’approche des élections israéliennes décisives pour son avenir, prévues le 27 octobre prochain. 


Elle intervient également à un moment où elle peut servir son partenaire dans les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, le président américain Donald Trump, qui doit lui aussi affronter l’épreuve des élections de renouvellement de la Chambre des représentants et du Sénat, prévues le 3 novembre prochain.


La décision, en elle-même, n’est pas nouvelle. Le représentant de l’État d’Israël à Rabat se comportait déjà, depuis des années, comme l’ambassadeur de son pays au Maroc.


 Cette décision ne modifiera donc rien de fondamental dans la nature des relations entre les deux pays, lesquelles ont depuis longtemps dépassé le stade de la normalisation pour entrer dans celui de la sionisation de l’État et de l’infiltration de la société.


Mais l’importance de cette décision ne réside pas dans sa forme diplomatique, mais dans le message politique qu’elle véhicule. 


Un message qui révèle l’ampleur du mépris et de l’humiliation que celui qui l’a prise voue au peuple marocain. 


Non pas simplement parce que celui-ci est le dernier informé — ce qui est devenu une habitude à laquelle les Marocains se sont résignés, même lorsqu’il s’agit des questions les plus élémentaires de leur vie —, mais parce qu’il y a une volonté persistante de les humilier et de défier leur volonté, malgré les marches, les manifestations et les rassemblements qui n’ont cessé de se succéder pendant six années consécutives pour exprimer le rejet, par de larges pans de la société marocaine, de la normalisation avec un État accusé de commettre un génocide.


Cette décision révèle également une autre réalité, plus amère encore : l’ampleur de l’indifférence et du désintérêt officiels marocains à l’égard de la tragédie du peuple palestinien, anéanti à Gaza et quotidiennement tué et maltraité en Cisjordanie. 


Une réalité qui contraste violemment avec le discours officiel affirmant que le Maroc demeure attaché au droit du peuple palestinien à établir son État indépendant sur sa terre historique.


 Une contradiction que les campagnes de propagande politique menées par l’institution Bayt Mal Al-Quds (Fonds d'aide á Jerusalem) tentent de masquer, tandis que se poursuit, dans le même temps, le processus de consolidation des relations de normalisation entre le Maroc et Israël.


Il est douloureux qu’une décision de cette nature soit prise précisément à ce moment par un État dont le souverain préside le Comité Al-Qods, alors que plusieurs pays européens, qui entretiennent avec Israël des relations économiques et politiques plus étroites que celles du Maroc avec cet État, ont annoncé des mesures visant le commerce des produits issus des colonies israéliennes en Cisjordanie.


Le paradoxe ne réside pas seulement dans la divergence des positions. 


Il tient surtout au fait que des pays européens commencent à prendre des mesures à l’encontre de politiques israéliennes liées à l’occupation et à la colonisation, tandis que le Maroc, qui assume officiellement la présidence du Comité Al-Qods, choisit d’élever ses relations diplomatiques avec Israël au rang d’ambassades.


Celui qui a pris cette décision (ndlr: le roi Mohammed VI) ne respecte pas le peuple marocain, méprise le peuple palestinien et se place lui-même, entraînant avec lui tout un peuple, du mauvais côté et au mauvais moment de notre temps. 


Car s’allier à un État occupant  agresseur accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, au cœur d’une guerre d’extermination qui se poursuit sous les yeux du monde entier, ne peut conduire qu’à se retrouver du mauvais côté de l’Histoire.



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Par la volonté de son roi, le Maroc

 . ...est devenu une entité sioniste ( Article écrit par le journaliste marocain Ali Anouzla. Les titres sont de la rédaction du blog "...