vendredi 28 novembre 2025

A Anderlecht, PS et Ecolo...

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...lancent une campagne de chasse aux résidents pauvres à Cureghem


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A ANDERLECHT, LES SANS DENTS SE REBIFFENT CONTRE LE SYSTÈME



Comme durant l’été 2022, des révoltes ont eu lieu dans le quartier de Cureghem à Anderlecht contre les travaux causés par le plan « Good Move » ce mardi 18 et ce mercredi 19 novembre. 


Ce plan, présenté comme un plan d’écologie urbaine qui permettrait à terme de régler les problématiques écologiques liées à l’utilisation de la voiture, démontre surtout des dynamiques de gentrification et de contrôle de certains quartiers populaires à Bruxelles. Les travaux rendent le trafic parfois impossible à des individus qui utilisent la voiture par nécessité, en se rendant au travail ou en emmenant leurs enfants à l’école, par exemple.


Depuis sa mise en place en 2020, le plan Good Move, porté majoritairement par le parti Écolo, a fait face à de vives contestations dans les quartiers populaires bruxellois. 


Le second volet du plan est maintenant défendu en conseil communal par la majorité PS, Mr et Engagés, avec en chef de file le bourgmestre socialiste Fabrice Cumps.


Dès la mise en application du plan Good Move dans de nouveaux quartiers, la circulation en voiture y devient un réel casse-tête. 


Celui-ci implique des changements de sens de circulation, de nombreux passages à sens unique et la création de zones piétonnes impliquant la destruction de voiries.


Les habitant·es du quartier de Cureghem sont ainsi descendu·es une nouvelle fois dans les rues mardi 18 novembre pour retirer les barrières de travaux qui bloquaient la circulation du square Albert et de ses alentours. 


Le lendemain, une grue et des engins de chantier ont aussi été endommagés.


Au conseil communal du 20 novembre, l’ambiance était particulièrement tendue. 


Une manifestation s’est tenue devant la maison communale, rassemblant des habitant·es du quartier, des membres du Front des mères, des éducateur·rices spécialisé·es et des enseignant·es. 


Plusieurs d’entre eux ont pris la parole à l’intérieur du conseil pour dénoncer ce deuxième volet du plan Good Move et pour certain·es exiger la démission du bourgmestre PS Fabrice Cumps.


Ces interventions ont visiblement mis la majorité en place mal à l’aise.


 Rappelons que les conseils communaux ne sont plus retransmis depuis quelque temps, officiellement par manque de moyens. 


Pour beaucoup, cette décision ressemble surtout à un recul de la transparence, d’autant plus questionnable quand les tensions avec les habitant·es atteignent ce niveau.


Des décisions politiques sans concertation populaire


À Cureghem, durant l’été 2022, l’adoption de la phase test du plan Good Move ainsi que sa mise en place se sont faites dans l’absence totale de concertation, sans prise en compte des réalités sociales du quartier et des besoins des habitant·es. 


Aujourd’hui, à nouveau alors qu’un second plan a été voté en 2023 toujours sans contestation, ces contestations apparaissent comme une prise de pouvoir par des personnes qui n’ont systématiquement pas été écoutées et qui sont les premières concernées et les premières victimes de ces réaménagements urbains.


Ce plan, qui vise à réduire l’utilisation de la voiture de 24 % à Bruxelles d’ici 2030 et à augmenter la qualité de l’air de certains quartiers par le biais de ces mesures, a montré son incapacité à réellement prendre en considération les réalités socio-économiques des quartiers concernés.


En effet, s’il est certain que les quartiers populaires et plus densément peuplés sont ceux où la qualité de l’air est la moins bonne, il semble en revanche absurde de penser que c’est en réaménageant les infrastructures routières de ces quartiers précisément que la qualité de l’air serait soudainement meilleure.


  1. la majeure partie des particules fines émises par des automobiles est due aux milliers de navetteurs qui, chaque jour, se rendent à Bruxelles en voiture pour y travailler, et aux différentes industries lourdes situées en périphérie de Bruxelles.
  2. si la question de l’usage de la voiture était réellement posée, le plan Good Move devrait alors se tourner davantage vers les communes du sud de Bruxelles, historiquement plus privilégiées et où la proportion de voitures par ménage est nettement plus importante.


À la suite de ces révoltes, de nombreux habitant·es du quartier de Cureghem ont rappelé que, pour eux, l’utilisation de la voiture était souvent nécessaire et partagée. 


Les études sont unanimes au sujet de l’utilisation de la voiture dans les quartiers populaires bruxellois : en moyenne, on décompte moins d’une voiture par ménage.



Cette carte montre le pourcentage de ménages à détenir aucune voiture, une voiture ou 2 voitures en Région Bruxelles capitale.


De plus, ce plan conduit à d’importants phénomènes de gentrification via la rénovation des quartiers impactés. 


Bien que la mobilité « verte », comme le vélo, ait d’évidents avantages en termes de lutte contre le réchauffement climatique, elle attire aujourd’hui davantage les personnes issues des classes moyennes supérieures plutôt que des groupes sociaux plus populaires.


À cela s’ajoute le fait que le plan Good Move tend à renforcer les inégalités sociales via des restrictions sur les voitures plus anciennes et par la suppression du nombre de places de parking dans les rues de la capitale. 


Ces éléments privilégient les classes sociales favorisées ayant la possibilité financière de se payer un garage ou une place de parking, ainsi que d’autres équipements comme une voiture conforme aux nouvelles normes écologiques.


La double peine pour les quartiers


Finalement, revenons sur cette notion de double peine qui s’abat sur les quartiers populaires dans lesquels le plan Good Move est mis en place : les personnes qui y habitent sont à la fois les premières victimes d’une qualité de l’air déplorable mais aussi les premières à être contraintes de faire des concessions dans leur usage de la voiture, alors qu’elles l’utilisent considérablement moins que dans d’autres quartiers.


Ce plan est l’incarnation d’une forme d’écologie urbaine bourgeoise, en ce qu’il oublie entièrement la dimension sociale de l’écologie.


 Celui-ci ne prend pas en compte la situation des habitant·es des quartiers visés par ces changements et veut faire croire que la diminution de l’automobile serait une solution à long terme contre la crise climatique, alors qu’en réalité les premiers responsables ne sont pas les individus mais bien les grandes industries régies par le système capitaliste dans sa globalité.


1 commentaire:

  1. L'image représentant le taux de ménages disposant d'un véhicule à Bruxelles se base sur des chiffres en 2019. Si tu prends les derniers chiffres cela doit être encore plus petit vu qu'ils ont poussé des Bruxellois à se séparer de la voiture (dégoûtés du GoodMove mais surtout à cause de la LEZ). Le nombre de véhicules est déjà faible mais on dirait que ces *** veulent éliminer les derniers qui résistent. Alors que la pollution qu'on se tape à Bruxelles vient plutôt de véhicules qui viennent de l'extérieur de Bruxelles. Mais NIMBY oblige : quand tu parles de la taxe kilométrique tu as une nouvelle levée de boucliers (des navetteurs principalement). Les gens se sépareront naturellement de leurs véhicules quand ils verront que le train et le transport public urbain sont fiables (propreté, sécurité, ponctualité, coût faible, etc) mais ce n'est pas du tout le cas aujourd'hui.

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